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L’affaire
eut lieu en 1791, Pierre LEVASSEUR, âgé d’une
trentaine d’années, essaya dans l’après-midi
du 11 mai, d’empoisonner à l’arsenic son
beau-frère et sa belle-sœur, Louis Félix
BAILLY et sa femme, vignerons, et trois de leurs domestiques.
L’assassin
avait acheté de l’arsenic pour les rats à
la graineterie Mazurier de Vernon. Mais, voulant trop bien
faire, il mit dans la nourriture et la boisson une trop grande
quantité d’arsenic. L’ensemble était
vraiment trop amer, et les membres de la maisonnée
n’en absorbèrent qu’une « lampée
» chacun. Ils en furent quittes pour une longue nuit
de vomissements, mais tous s’en tirèrent, y compris
le chien, qui lui aussi avait boudé la nourriture.
Le
docteur VERNHES, chirurgien à Gaillon, vint constater
les faits vers 11 heures du soir. Dans la marmite pendue à
la crémaillère flottait un morceau d’arsenic
gros comme un œuf, et dans le pichet d’étain
et la chopine, on trouva le même produit.
Les
témoins défilèrent devant le tribunal
de Louviers, de Jean BAILLY, fils de Louis Félix, à
Clotilde SAUNIER, servante, et à François LEGRAND,
domestique, qui auraient dû faire partie des victimes.
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